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Presque déserte, la foire se donne des airs d’un grand train fantôme. Les fumées jaillissent, zébrées de lasers, et enveloppent les rares passant d’une brume passagère. La musique résonne contre les caravanes. Les grands manèges tournent sans les cris des passagers affolés. Les flaques sont fatiguées d’attendre que quelqu’un leur marche dedans et cachés dans cabine, les guichetiers ressemblent à des gnomes dont on perçoit les mouvements furtifs sans vraiment les voir. La foire aux plaisirs finissante expire.

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Foire aux plaisirs

Une jeunesse en colère. J’ai pris cette photo en mai 2008 alors que les lycéens battaient le pavé pour défendre leur idée de l’éducation. Blocage des cours, déambulation et concert de casseroles étaient mis à contribution pour attirer l’attention, tenter d’établir un rapport de force. Des voix s’étaient élevé alors contre la rudesse des forces de l’ordre, mais finalement, rien de plus grave que heurts accidentels et tensions habituelles.

“Festive”, telle devait être elle aussi la manifestation anti-carcérale organisée samedi 10 octobre en marge du transfèrement des prisonniers de l’antique maison d’arrêt de Poitiers vers leur nouvelle auberge. C’est ce que proclamaient les affiches : concerts, débats au numéro 23, la maison culturelle alternative de la place… On sait comment ça s’est fini : 200 casseurs venus d’on-ne-sait-où, un festival gâché, 50 arrestations, 17 garde-à-vues, plusieurs centaines d’armes cachées retrouvées par la police, un centre-ville choqué mais aussi des peines de prison contestées. Selon des personnalités militantes et politiques elles relèveraient, en tout cas pour deux des personnes concernées, de l’erreur judiciaire et de l’acharnement. Difficile de se faire une opinion dans ce brouillard qui laisse pourtant poindre entre les questions un certain sentiment d’écoeurement. Enfin, c’est surtout une atmosphère de durcissement et de tension toujours croissante que m’a rappelé cette image, après Strasbourg, après Tarnac ou encore d’autres affaires de mauvais augure.

Edit (16/10/09 18h) : récapitulatif par le Nouvel Obs et polémique autour de l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20091016.OBS4859/violences_a_poitiers__une_nouvelle_instrumentalisation_.html

Edit (19/10/09 23h) : l’affaire des 3 jeunes accusés fait la une de l’Humanité, “La double peine des militants de Poitiers”, http://www.humanite.fr/La-double-Peine-des-militants-de-Poitiers

Edit (24/10/09 11h45) : deux des trois personnes incarcérées remises en liberté (le Nouvel Obs, http://tinyurl.com/ygwea5a), le blog de soutien (http://tinyurl.com/yhwks9d)

Manifestations lycéennes début mai 2008

Boîtier électrique

Une vision étonnante que cette barre HLM dont la moitié est habitée, balcons couverts de paraboles, et l’autre percée, vidée, débarrassée. Seuls restent les papiers peints et quelques lavabos pour indiquer qu’un jour ces murs ont été habités. Ici, une frise «Le roi lion». Là, deux affiches de boxe découpées dans un magazine d’il y a vingt ans. Malgré tous les efforts pour l’effacer, une certaine présence demeure.
L’histoire est banale : un quartier populaire périphérique construit dans les années 60 dont les immeubles s’effritent inexorablement, une rénovation progressive à la hauteur des modestes moyens attribués de temps en temps à cette tâche. D’abord, on vide les appartements de leurs occupants, puis on enlève tout ce qu’ils ont laissé, on casse les cloisons, on retire les portes, les fenêtres, toute la tuyauterie et le circuit électrique. Même en pleine agonie, le squelette résiste. Tentative vaine de le rendre anonyme avant destruction, il gardera toujours le souvenir de ses occupants. Un souvenir déformé, écartelé, dispersé, morcelé. Même lorsque les immenses bras d’acier auront fait leur oeuvre, qu’il ne restera de tout ça qu’un tas de gravas, il y aura toujours un coin de papier émergeant d’entre les pierres sur lequel on pourra distinguer un boxeur levant triomphalement les poings.

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Vue et éclats de verre

Depuis tout petit, on nous dit toujours “Attention, bouge pas l’appareil ou ta photo sera floue”. Aargh, ah non, pas l’ennemi suprême de la photo bien réussie, bien centrée avec un grand sourire comme il faut ! Puisque j’ai décidé de croupir en enfer, étant un pécheur impénitent et incorrigible, je fais souvent des photos floues. Et volontairement avec ça. Bon sans rire, rechercher le flou n’est pas spécialement original, mais je ne pouvais pas poster cette photo sans l’accompagner d’un petit texte, n’est-ce pas ? Ci-dessous une image prise une nuit à Bellac. En courant.

Bellac juillet 2005 070 flou la nuit

grille et verdure

La rouille dispute le territoire avec la végétation, qui se réapproprie à son tour les murs taggués par les visiteurs occasionnels. Cet entrepôt n’est pourtant pas abandonné. Restons dans l’univers ferrovière : il appartient à la SNCF et sert d’espace de stockage pour panneaux, bobines de câble et autres machins dont on ne sait que faire. Il est cerné de tous côtés par les voies, les unes corrodées et les autres polies par le passage régulier des TGV. La peinture écaillée, le lierre, les briques et la lumière qui pénètre par les rares espaces encore épargnés par les feuilles sont les attributs du bâtiment abandonné et créent cette ambiance caractéristique. Calme et immobilité, juste troublés périodiquement par le passage des trains. Une visite guidée un soir d’été, les images datent de trois ans mais je gage que le lieu n’a guère changé depuis.

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blog photo

Bienvenue au pas du chat noir, blog photographique pictave. Vous trouverez ici mes petits bonheurs du jour : photos prises dans la rue, les cafés ou les salles de spectacle. Bonne visite.

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