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Temps maussade et trains pourris, voilà une photo de la gare d’Aachen, en Allemagne, sur le chemin pour la Pologne. Mon appareil étant encore en réparation, je ressors une vieille photo pour vous faire patienter.

aachen-depart

Canaux bruge

Vieilles pierres les pieds dans l’eau, Bruges est, paraît-il, la ville médiévale la mieux conservée d’Europe. Il a fallu aller vérifier ça de visu, et la conclusion est sans appel : plus vieille ou pas, c’est magnifique. Nous avons eu la chance de profiter d’un superbe soleil le premier jour, puis ce fut un temps maussade et la pluie, mais sans rien enlever du charme du lieu, au contraire. La pluie montre un visage plus nostalgique de la cité. Voici donc le résultat de quatre jours d’errance entre pavés et canaux, entre églises et bières, entre touristes et canards.

La “Petite Venise” flamande a gardé en authenticité ce que beaucoup de villes touristiques ont perdu au fil des ans. Mise à part la place principale, ce n’est pas un bourg en plastique aux rez-de-chaussée encombrés de vendeurs de cartes et autres beffrois en plastique. Cela frappe tout de suite, la ville est vivante. Il y a des voitures qui circulent, des autochtones qui travaillent et même, si si, qui habitent ici. Et les yeux ne peuvent se reposer : partout une église, un hôtel particulier, presque que des maisons d’époque en excellent état, dardant fièrement leurs si typiques pignons. Le modeste est tout aussi magnifique, comme on le voit avec les maisons-dieu, sortes de HLM construits dans le temps par les riches commerçants pour loger les nécessiteux. Des rangées de petites maisons blanches identiques, une grande pièce plus un grenier, aujourd’hui attribuées aux personnes âgées, qui ont tout à enseigner aux constructions à la chaîne d’aujourd’hui. Aussi coquet qu’une maison de hobbit. Sans parler des couleurs sur toutes les façades de briques, du jaune au rouge en passant par le bleu, avec une variété et une homogénéité frappantes. Et sans oublier les canaux, évidemment, qui ceinturent et traversent le centre historique. On parle de capitale romantique, au sens littéraire, et le titre n’est pas exagéré. Bref, un petit voyage incontournable selon moi (surtout que ce n’est qu’à peine à deux heure de train de Paris), mais à éviter en pleine saison touristique. Cela gâcherait tout le charme.

< Diaporama, ici >

Canaux sous la pluie
L'entrée du café Kulturalna un soir de concert

Puisqu’il faut bien commencer, ce sera par un gros morceau. Le plus gros, peut-être.
En septembre 2005, avec un copain, je me suis exilé en Pologne. Plongé dans l’inconnu, c’est peu dire, pour moi qui n’avais jamais passé plus d’une semaine à l’étranger avant cela. Plongé aussi dans un monde à la fois très proche du mien et complètement différent. Le mode de vie au centre de Varsovie est peu différent du nôtre, je faisais mes courses au Carrefour dont les produits étaient sensiblement identiques, et puis j’étais dans le milieu étudiant, pour lequel la modernité est une raison d’être. Mais je ne parlais pas la langue. J’étais plongé dans une société où l’église est encore omniprésente. Je me heurtais à la méfiance de mes voisins. J’étais un peu vu comme une curiosité. Et surtout, je découvrais une ville qui baigne dans une atmosphère étrange, différente. Une ville sur laquelle on lit à la fois sa course folle vers la modernité, les richesses et une place dans l’ordre mondial, mais aussi le recours déséspéré à la tradition pour se rassurer dans une période de profonde mutation. La fin d’une époque chevauchant le début de la suivante, doublée des blessures d’un passé encore très douloureux, encore très présent. Comme une volonté de l’oublier au plus vite tout en en retenant certains morceaux.

Eglise orthodoxe près du quartier populaire Praga

Cela semble très théorique, mais on le ressent pourtant très fort. A travers la multiplication des nouveaux buildings de verre, cohabitant avec les barres de béton de l’époque socialiste. A travers cette nouvelle classe moyenne-supérieure, profitant des bienfaits d’une économie débridée à quelques quartiers seulement des ouvriers et salariés de base qui peinent à vivre. A travers une religion catholique toujours plus présente partageant le terrain avec de nombreux sex-shops, qui sortent de terre comme des champignons.

C’est là que je me suis mis à faire des photos. J’avais envie de traduire en images ce que je ressentais, de proposer mon regard, de faire partager « ma » Varsovie, « ma » Pologne, moi qui, candide, n’étais jamais vraiment sorti de chez moi. Voilà donc quelques une de ces images, certains des lieux qui m’ont arrêté et dans lesquels j’ai passé du temps. Des lieux que je me suis appropriés. Pour les téméraires qui en veulent plus, il existe une sorte de roman-photo de mon séjour à cette adresse.

<Diaporama, ici>

L'alcool, un problème dans de nombreux pays de l'est. La Pologne ne fait pas exception.

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Bienvenue au pas du chat noir, blog photographique pictave. Vous trouverez ici mes petits bonheurs du jour : photos prises dans la rue, les cafés ou les salles de spectacle. Bonne visite.

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