Je n’ai pas d’excuse : je crois que ces derniers temps, ce blog a été largement plus visité par des curieux de passage que par moi-même. La courbe de fréquentation me fait cruellement la leçon à chaque fois que je viens, tout en me montrant des preuves de votre grande mansuétude à mon égard : longtemps après la publication de mon dernier billet, vous étiez encore quelques uns à venir pointer le bout de votre nez dans l’espoir de voir apparaître quelque nouveauté.

J’ai décidé de me faire pardonner.

Aujourd’hui, en attendant une mise à jour plus conséquente, je vous offre un dessin-animé.

Bordeaux-Bastide

 

Rive gauche, rive droite. Pendant très longtemps, aucun pont ne reliait l’une à l’autre : le premier date de 1821. Les commerçants devaient traverser la Garonne en barque pour aller vendre leurs produits en face. La rive bourgeoise a fait beaucoup d’efforts pour ignorer l’autre, populaire. Aujourd’hui, à Bastide, c’est la reconquête. Alors qu’un nouveau pont est en construction, les plans immobiliers se sont multipliés. L’ancienne gare est devenue multiplex et le week-end, les habitants des résidences HQE font du Taï-Chi dans le nouveau jardin botanique. On rase à tours de pelles et le quartier change de visage. Une histoire banale. Mais le soir, l’ombre des friches industrielles et des anciennes casernes militaires rayonne et se déploie sur les jeunes bétons. L’esprit ancien du quartier reprend ses droits et hante les rues désertées.

< Diaporama, ici >

 

Bordeaux-Bastide, grille de la résidence

En famille, entre potes ou entre collègues. Les manifestants venus protester contre la réforme des retraites ont défilé pendant trois heures à Angers. Ils étaient 10 000 (15 000 selon Ouest-France, edit 09/09/10) à s’être rassemblés pour cet appel national, faisant la fortune des cafetiers et boulangers du centre-ville à peine revenus de vacances. Les pompiers ont animé le cortège avec leurs diverses sirènes et pétards, une fanfare leur faisait concurrence. Les haut-parleurs de la CGT dégueulaient leurs tubes de l’été grésillants pendant que des speakers agaçaient la foule plus qu’ils ne la chauffaient. Ce n’était pas une une promenade de dimanche après-midi, mais une manif comme les autres. On y exprimait la colère, contre les injustices et l’inégale répartition des richesses. On y faisait état de la gestion scandaleuse de certains services publics. On y regrettait une école condamnée, des jeunes professeurs abandonnés. Une fois encore, les retraites étaient un prétexte pour exprimer beaucoup d’inquiétude. Pendant ce temps, la tempête faisait aussi rage dans un hémicycle confiné et hors d’atteinte des bruits de la rue.

< Diaporama, ici >

Le cortège devant le château d'Angers

• Un dossier complet sur le sujet par Owni.fr : compte-rendu sur tout le territoire, les chiffres des cortèges et un article, “D’autres choix possibles pour financer les retraites” (edit 08/09/10)

liberté, égalité, fraternité

“Je vous hais, compris.” Le slogan, écrit au marqueur noir sur un carton autour d’une caricature de Nicolas Sarkozy, souhaite la bienvenue aux retardataires. En arrivant devant le tribunal, je m’attendais à voir deux cents personnes, trois banderoles, une sono pourrie et trois syndicalistes. Surprise : ce samedi après-midi, délaissant pêche, piscine et autres réunions familiales, 2 400 Angevins se sont donnés rendez-vous pour exprimer colère, déception et soutien.

La manifestation contre la politique du gouvernement à l’encontre des roms s’est terminée à la préfecture, où une délégation a été reçue “de manière très civile” par le préfet, puis la foule s’est dispersée. Qu’est-ce qu’il reste ? La satisfaction d’avoir gueulé un coup, d’avoir été rejoint et en nombre. Et des images.

< Diaporama, ici >

gamins sur la statue

 

boulevard Ayrault

Il est 22 h et il est temps de rentrer. Tu pousses la porte de l’agence et tu t’arrêtes une seconde, pour humer la fraîcheur du boulevard. Pour ressentir le calme. Ta tête grésille encore de huit heures de travail, les yeux vissés à un écran. Petit à petit, tu es de retour dans la réalité.

Quelques marches, quelques pas sur l’herbe fraîchement déroulée entre deux rails qui n’ont encore jamais supporté le moindre tramway. La nuit tombe et il n’y a personne. Les feux alternent dans le vide. La lumière artificielle prend peu à peu le pas sur la lumière naturelle, montrent les silhouettes tranchantes des immeubles. Au milieu des travaux, tu marches. Tranquillement.

blog photo

Bienvenue au pas du chat noir, blog photographique. Vous trouverez ici mes petits bonheurs du jour : photos prises dans la rue, les cafés ou les salles de spectacle. Bonne visite.

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Les photographies publiées sur ce site et dans les galeries Picasa correspondantes sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons. Photographies : Olivier Laffargue.
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