Gouttes d'eau sur une plaque de verre

Petite virée un soir d’hiver : la pluie, le froid, le tramway. Le bitume brille, les lumières éclatent et les passants se pelotonnent sur les bancs et dans les sièges. L’averse a rendu la ville belle mais inhospitalière. Et presque déserte. Les rares personnes qui se sont risquées dehors se réfugient vite dans les tramways. Protégées par une vitre imperméable, elles lisent, observent le paysage en silence, comme un territoire inconnu, ou bien elles restent prostrées, toujours enfermées dans leurs pensées. Voici une petite collection d’images récoltées sur mon chemin à l’occasion d’une sortie nocturne et mouillée.

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Jeune fille dans le tram

Pas besoin d’épiloguer sur mon amour des ambiances nocturnes et pluvieuses. Voici l’exercice appliqué à un quartier historique qui porte une identité forte, comme un petit village dans la ville. Enfin, c’était aussi l’occasion de tester un outil qui permet de faire des collages multimédia, dites-moi ce que vous en pensez.


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(un clic sur le bouton play lance le défilement et la musique, vous pouvez doser la vitesse du défilement ou l’arrêter en déplaçant la souris sur les images ou avec la barre de défilement en bas)

Saint-Michel d'une fenêtre

« C’est ça le spectacle ? Oh ben quand même on se moque du monde, si j’avais su je ne serais pas venue enfin ! »

La grand-mère se lève et tente de se frayer un chemin vers la sortie, visiblement très déçue. De petits films d’animation projetés sur une musique répétitive, cela ne doit pas résonner avec sa définition de l’art. Pourtant, les affiches donnent le ton : on ne peut pas dire que le spectateur ait été volé. « There goes the neighborhood » est la troisième partie du festival d’art contemporain « How do you are », organisé par les Grandes traversées sous le patronage d’un chorégraphe allemand, Jared Gradinger. Un itinéraire pour s’interroger sur la mort de l’art le temps d’une dizaine de rendez-vous. Mettre en lumière le travail de 26 artistes berlinois et new-yorkais, ce sera la tâche du dernier festival bordelais des Grandes traversées.

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Presque déserte, la foire se donne des airs d’un grand train fantôme. Les fumées jaillissent, zébrées de lasers, et enveloppent les rares passant d’une brume passagère. La musique résonne contre les caravanes. Les grands manèges tournent sans les cris des passagers affolés. Les flaques sont fatiguées d’attendre que quelqu’un leur marche dedans et cachés dans cabine, les guichetiers ressemblent à des gnomes dont on perçoit les mouvements furtifs sans vraiment les voir. La foire aux plaisirs finissante expire.

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Foire aux plaisirs

Une jeunesse en colère. J’ai pris cette photo en mai 2008 alors que les lycéens battaient le pavé pour défendre leur idée de l’éducation. Blocage des cours, déambulation et concert de casseroles étaient mis à contribution pour attirer l’attention, tenter d’établir un rapport de force. Des voix s’étaient élevé alors contre la rudesse des forces de l’ordre, mais finalement, rien de plus grave que heurts accidentels et tensions habituelles.

« Festive », telle devait être elle aussi la manifestation anti-carcérale organisée samedi 10 octobre en marge du transfèrement des prisonniers de l’antique maison d’arrêt de Poitiers vers leur nouvelle auberge. C’est ce que proclamaient les affiches : concerts, débats au numéro 23, la maison culturelle alternative de la place… On sait comment ça s’est fini : 200 casseurs venus d’on-ne-sait-où, un festival gâché, 50 arrestations, 17 garde-à-vues, plusieurs centaines d’armes cachées retrouvées par la police, un centre-ville choqué mais aussi des peines de prison contestées. Selon des personnalités militantes et politiques elles relèveraient, en tout cas pour deux des personnes concernées, de l’erreur judiciaire et de l’acharnement. Difficile de se faire une opinion dans ce brouillard qui laisse pourtant poindre entre les questions un certain sentiment d’écoeurement. Enfin, c’est surtout une atmosphère de durcissement et de tension toujours croissante que m’a rappelé cette image, après Strasbourg, après Tarnac ou encore d’autres affaires de mauvais augure.

Edit (16/10/09 18h) : récapitulatif par le Nouvel Obs et polémique autour de l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20091016.OBS4859/violences_a_poitiers__une_nouvelle_instrumentalisation_.html

Edit (19/10/09 23h) : l’affaire des 3 jeunes accusés fait la une de l’Humanité, « La double peine des militants de Poitiers », http://www.humanite.fr/La-double-Peine-des-militants-de-Poitiers

Edit (24/10/09 11h45) : deux des trois personnes incarcérées remises en liberté (le Nouvel Obs, http://tinyurl.com/ygwea5a), le blog de soutien (http://tinyurl.com/yhwks9d)

Manifestations lycéennes début mai 2008

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Bienvenue au pas du chat noir, blog photographique pictave. Vous trouverez ici mes petits bonheurs du jour : photos prises dans la rue, les cafés ou les salles de spectacle. Bonne visite.

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